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    <title><![CDATA[NC]]></title>
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    <description><![CDATA[NC]]></description>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:creator>Over Blog</dc:creator>
    <dc:creator.e-mail>admin@i-clic.net</dc:creator.e-mail>
    <dc:date>2008-07-05</dc:date>

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  <item rdf:about="http://lutte.i-clic.net.i-clic.net/article-7802.html">
    <title><![CDATA[témoignage d'une amie présente à des comdanations des &quot; émeutiers&quot;]]></title>
    <link>http://lutte.i-clic.net.i-clic.net/article-7802.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="BACKGROUND: white; MARGIN: 0cm 0cm 12pt"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="COLOR: purple; mso-bidi-font-size: 12.0pt">Comparution imm&eacute;diates du 07 11 &agrave; bobigny<br /><br />J&rsquo;ai assist&eacute; aux audiances d&rsquo;une chambre sur 3 et jusqu&rsquo;&agrave; 18h alors<br />qu&rsquo;elles vont se poursuivre tard dans la soir&eacute;e (il resait 10 dossier<br />pour cette seule chambre) le cr est donc &agrave; compl&eacute;ter !<br />Le procureur a systh&eacute;matiquement demand&eacute; du ferme avec maintient en<br />d&eacute;tention, il r&eacute;clamait ouvertement des exemples : &laquo; il est important<br />que les pr&eacute;venus et les personnes pr&eacute;sentes dans la salle comprennent<br />qu&rsquo;il s&rsquo;agit de faits graves et que le l&eacute;gislateur a pr&eacute;vu des peines<br />lourdes&hellip; &raquo;. A plusieurs reprises (et pas seulement dans cette chbre<br />semble-t-il) le seul fait de s&rsquo;&ecirc;tre trouv&eacute; dans la rue &eacute;tait utilis&eacute;<br />comme &eacute;l&eacute;ment &agrave; charge des pr&eacute;venus. La d&eacute;nonciation anonyme valait pour<br />preuve, toujours selon le proc, dans ce d&eacute;partement o&ugrave; &laquo; la population<br />craint les represailles &raquo;. La fermet&eacute; exig&eacute;e par Cl&eacute;ment &eacute;tait donc au<br />rendez-vous :<br /><br />- 6 mois avec sursis pour un lyc&eacute;en interpell&eacute; &agrave; Montreuil qui &agrave; avou&eacute;<br />avoir lac&eacute; une pierre sur un motard apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; asperg&eacute; de lacrimo<br />alors qu&rsquo;il rentrait chez lui. Il &eacute;tait bien amoch&eacute; : nez cass&eacute; et bleus<br />au visage.<br />- 2 mois fermes pour avoir pr&eacute;tendumment retourn&eacute; une voiture tjs &agrave;<br />Montreuil pour un &eacute;tudiant. Il a &eacute;t&eacute; pris dans la fuite g&eacute;n&eacute;rale &agrave;<br />l&rsquo;arriv&eacute;e des flics avec un mineur qui a avou&eacute;, l&rsquo;aveu est donc<br />contagieux.<br />- Un jeune homme arr&ecirc;t&eacute; en bas de chez lui au Blanc-Mesnil pour avoir<br />pr&eacute;tendumment caillass&eacute; les camions d&rsquo;une entreprise install&eacute;e dans la<br />rue a &eacute;t&eacute; maintenu en d&eacute;tention. Le report ne lui &eacute;tait pas imputable<br />c&rsquo;est le tribunal qui n&rsquo;avait pas r&eacute;ussi &agrave; v&eacute;rifier son &eacute;tat civil mais<br />rien n&rsquo;y a fait malgr&eacute; la pr&eacute;sence de sa famille. En plus il nie les<br />faits et les t&eacute;moignages des employ&eacute;s de l&rsquo;entrprise en question sont<br />contradictoires, plusieurs d&rsquo;entre eux ne l&rsquo;ayant pas reconnu lors de la<br />confrontation.<br />- 4 mois fermes pour avoir pr&eacute;tendumment incendi&eacute; une poubelle &agrave; Pantin.<br />- Un jeune homme est formellement identifi&eacute; par les policiers en<br />patrouille pour avoir lanc&eacute; une bouteille sur leur vehicule brisant la<br />vitre conducteur, selon leur propre pv cela se passait &agrave; 18h. Deux<br />heures plus tard ils choppent le jeune homme en question et<br />l&rsquo;embarquent. L&agrave; selon leur dires le comico aurait &eacute;t&eacute; cern&eacute; par ses<br />amis ce qui aurait provoqu&eacute; une bagarre &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur avec bris d&rsquo;une<br />vitre. Il se trouve que ce jeune homme travaillait &agrave; 18h selon le<br />t&eacute;moignage de son employeur et que l&rsquo;attaque du comico c&rsquo;est 2 potes qui<br />lui ont amen&eacute; un sandwich ! Il est relax&eacute; pour le jet de bouteille mais<br />prend 1 mois ferme pour la vitre.<br />- A Villemomble les policiers toujours aussi nictalopes (cherchez pas la<br />contrep&eacute;trie, g pas envie de rire) identifient un jh &agrave; capuche en pleine<br />nuit alors qu&rsquo;il leur lance une pierre qui ne les atteint pas (il<br />devaient &ecirc;tre vraiment&nbsp; loin). Ils ripostent au flash ball &agrave; 2 reprises<br />quand m&ecirc;me pour venger le trottoir et vont chercher le jh chez lui au<br />r&eacute;veil. Il se trouve qu&rsquo;il est trait&eacute; pour une luxation de l&rsquo;&eacute;paule mais<br />kimporte : 3 mois dont 2 avec sursis. L&rsquo;aggravante majeure, proc et juge<br />l&rsquo;ont r&eacute;p&eacute;t&eacute;, c&rsquo;est de ne pas avoir voulu donner le nom du pote chez ki<br />il a pass&eacute; la soir&eacute;e.<br />- Le dernier &eacute;tait d&rsquo;Aulnay, il avait l&rsquo;&eacute;trange habitude d&rsquo;avoir dans le<br />coffre de sa clio (voiture peu commune, vous en conviendrez avec le<br />juge) : un torchon (oul&agrave;l&agrave; !!), un bidon vide en cas de panne d&rsquo;essence<br />(je vous jure, ils en ont parl&eacute; pendant une heure !), un autre bidon (je<br />cite le pv des flics) &laquo; &agrave; moiti&eacute; plein d&rsquo;un liquide bleu et qui portait<br />l&rsquo;inscription &lsquo;liquide de refroidissement&rsquo; &raquo;, et encore un (vraiment,<br />quel abus) avec un &laquo; liquide incolore et inodore kon n&rsquo;a pas pu<br />identifier &raquo;, toujours selon le pv ki a du &ecirc;tre r&eacute;dig&eacute; par un flic ki<br />met pas beaucoup d&rsquo;eau dans son pastis ! Bref, tout &ccedil;a confirmait selon<br />les enqu&ecirc;teurs le t&eacute;moignage anonyme faisant &eacute;tat d&rsquo;une clio ki vendait<br />de l&rsquo;essence aux jeunes du coin&hellip; Tout &ccedil;a sans rire ! Il a kan m&ecirc;me &eacute;t&eacute;<br />relax&eacute;.<br /><br />Sinon g glan&eacute; dans les couloirs :<br />- un jeune interpell&eacute; dans une rue o&ugrave; un peu plus t&ocirc;t des molotov ont &eacute;t&eacute;<br />lanc&eacute;s. Il d&eacute;clare kil passe par l&agrave; et n&rsquo;y &eacute;tait pas au moment des<br />faits. Il n&rsquo;a pas de trace d&rsquo;essence sur les mains ou les v&ecirc;tements,<br />juste sous les semelles comme ce doit &ecirc;tre le cas des flics qui<br />l&rsquo;interpellent puiskil y en a plein la rue : 10 mois dont 6 avec sursis.<br />Et &eacute;vacuation de la salle trop r&eacute;active au go&ucirc;t du pr&eacute;sident, tenez vous<br />le pour dit.<br />- A Montreuil un jh est interpell&eacute; chez ses parents t&ocirc;t le matin, il<br />aurait retourn&eacute; une voiture la nuit pr&eacute;c&eacute;dente. Ses fr&egrave;res ain&eacute;s veulent<br />kil prenne un pull pour ne pas avoir froid : la main fracass&eacute;e et 3<br />semaines d&rsquo;ITT pour l&rsquo;un, 4 jours pour le second, outrage et r&eacute;b&eacute;llion<br />pour tout le monde ! Finalement, apr&egrave;s kelkes heures de g&agrave;v, le premier<br />est blanchi : c pas lui ka retourn&eacute; la voiture ! Le papa peut r&eacute;cuperer<br />deux de ses fils ki sont kan m&ecirc;me convok&eacute;s pour l&rsquo;outrage, celui ki est<br />le plus amoch&eacute; reste au d&eacute;p&ocirc;t et ne me demandez pas pourkoi. Ils<br />devaient passer auj &agrave; 13h30. Mais la police nationale n&rsquo;avait pas dit<br />son dernier mot et voil&agrave; ke ce matin les fliks - de bobigny cette fois -<br />viennent rechercher le premier fils pour une nouvelle voiture kil aurait<br />cram&eacute; en sortant du d&eacute;p&ocirc;t (au m&ecirc;me moment o&ugrave; son p&egrave;re le ramenait &agrave; la<br />maison). Voil&agrave; le topo, g flanch&eacute; avant ke l&rsquo;affaire passe : l&rsquo;avocate<br />voulait demander un report, yaura pet&ecirc;t de l&rsquo;info + tard. </span><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: purple; FONT-FAMILY: Arial">
<p>&nbsp;</p>
</span></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><span style="COLOR: purple">
<p><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;</font></p>
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><span style="COLOR: purple">
<p><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;</font></p>
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><span style="COLOR: purple">
<p><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;</font></p>
</span></p>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[océane]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2005-12-30T21:51:50+02:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://lutte.i-clic.net.i-clic.net/article-7801.html">
    <title><![CDATA[fin 2005, il fait froid et des familles sont encore méprisées et comdamnées à dormir dehors]]></title>
    <link>http://lutte.i-clic.net.i-clic.net/article-7801.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="BACKGROUND: white; MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="FONT-SIZE: 11pt; FONT-FAMILY: Arial">OCCUPATION A ALFORTVILLE
<p>&nbsp;</p>
</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="BACKGROUND: white; MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Arial">Occupation de l'&eacute;glise d'Alfortville par des familles sans domicile...
<p>&nbsp;</p>
</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="BACKGROUND: white; MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Arial">Suite &agrave; de longs mois de demandeqs de logements&nbsp;;sercices sociaux,mairie,ect,ect,,4 famillesavec de jeunes enfants et le comit&eacute; de chomeurs d'afortville en sont arriv&eacute; comme ultime recour a leurs demandes urgentes de logements d'occuper l'&eacute;glise d'alfortville ce jour samedi 17 d&eacute;cembre &agrave; 18h 00&nbsp;;.
<p>&nbsp;</p>
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="BACKGROUND: white; MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto"><span style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Arial">Hors ,au bout de 4 heures d'occupation(vers 22h00)les familles ,leurs enfants et le comit&eacute; de chomeurs(une trentaine de personnes)ont &eacute;t&eacute; &eacute;vacu&eacute;s de l'eglise dans la rue,dans un froid d'environ +2 degr&eacute;s avec leurs affaires personnelles jet&eacute;es par les flics et &eacute;parpill&eacute;es dans la rue...Cela,&agrave; la demande express du cur&eacute; d'alfortville et de l'archevec de Creteil,puis sur ordre du prefet... Depuis donc samedi soir ces familles soutenues par de nombreux amis campent dehors dans un kiosque devant la mairie,dans le froid pour demander des logements ,pour pouvoir simplement vivre normalement... Aussi,si vous le pouvez allez les soutenir pour les r&eacute;conforter,ils en ont bien besoin. &quot;Place de la Mairie &agrave; Alfortville&quot; Merci pour eux. contact&nbsp;; patrick 0672263608 /daniel 0681251286
<p>&nbsp;</p>
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt">
<p><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;</font></p>
</p>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[océane]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2005-12-30T21:49:34+02:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://lutte.i-clic.net.i-clic.net/article-7800.html">
    <title><![CDATA[analyse du discours sécuritaire]]></title>
    <link>http://lutte.i-clic.net.i-clic.net/article-7800.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: center; mso-line-height-alt: 8.25pt" align="center"><font face="Times New Roman"><strong><span style="FONT-SIZE: 8.5pt; COLOR: purple">25 octobre 2002</span></strong><span style="FONT-SIZE: 8.5pt; COLOR: purple">
<p>&nbsp;</p>
</span></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 18pt; TEXT-ALIGN: center" align="center"><font face="Times New Roman"><strong><span style="FONT-SIZE: 15pt; COLOR: purple">La construction des classes dangereuses, par Pierre T&eacute;vanian</span></strong><span style="FONT-SIZE: 15pt; COLOR: purple">
<p>&nbsp;</p>
</span></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 12pt; TEXT-ALIGN: center" align="center"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="COLOR: purple">Analyse du discours dominant sur la violence et l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; en &quot;banlieue&quot;</span><span style="COLOR: purple; mso-bidi-font-size: 12.0pt">
<p>&nbsp;</p>
</span></font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 12pt; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple">
<p><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;</font></p>
</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><strong><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">Il existe aujourd&rsquo;hui un consensus sur &quot;l&rsquo;explosion de la violence chez les jeunes de banlieue&quot; et sur le &quot;laxisme de la justice&quot; face &agrave; cette violence, ou du moins sur son &quot;inadaptation&quot; aux nouvelles g&eacute;n&eacute;rations de d&eacute;linquants. Plut&ocirc;t que de d&eacute;noncer au coup par coup les mesures brutales qui sont prises depuis plusieurs mois au nom de ce discours, il vaut mieux prendre le probl&egrave;me &agrave; la racine et d&eacute;construire ce qu&rsquo;il faut bien appeler <em>le mythe de l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute;</em>.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">Il est en effet crucial de ne pas c&eacute;der sur ce point&nbsp;: l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; telle qu&rsquo;elle est probl&eacute;matis&eacute;e dans le d&eacute;bat public est un mythe. Il est indispensable de ne pas se laisser entra&icirc;ner, comme l&rsquo;ensemble de la classe politique l&rsquo;a fait nagu&egrave;re sur &quot;le probl&egrave;me de l&rsquo;immigration&quot;&nbsp;[</font><a name="nh1"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb1nb1"><span style="mso-bookmark: nh1"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">1</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh1"></span><font size="3"><font face="Times New Roman">], dans l&rsquo;illusion que &quot;l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute;&quot; dont on nous parle est une &quot;r&eacute;alit&eacute;&quot; incontestable, et que seules peuvent &ecirc;tre contest&eacute;es les solutions les plus radicales que nous proposent les d&eacute;magogues. Il faut enfin r&eacute;sister au discours d&rsquo;intimidation qui est d&eacute;sormais omnipr&eacute;sent, et qui consiste &agrave; dire que si l&rsquo;on se permet de mettre en doute la r&eacute;alit&eacute; des diagnostics catastrophistes, c&rsquo;est qu&rsquo;on est ang&eacute;lique, coup&eacute; des r&eacute;alit&eacute;s en g&eacute;n&eacute;ral et des classes populaires en particulier - de ce qu&rsquo;on appelle d&eacute;sormais &quot;la France d&rsquo;en bas&quot;.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">Car le &quot;probl&egrave;me de l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute;&quot; est bel et bien un mythe, m&ecirc;me si, comme tout mythe, il mobilise des &eacute;l&eacute;ments de v&eacute;rit&eacute;, en particulier des faits divers dramatiques. En effet, la mani&egrave;re dont ces faits divers sont pr&eacute;sent&eacute;s, mis en sc&egrave;ne, coup&eacute;s de leur contexte et r&eacute;interpr&eacute;t&eacute;s, est mensong&egrave;re. C&rsquo;est ce que s&rsquo;efforcent de montrer les remarques qui suivent.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="MARGIN: 30pt 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="FONT-SIZE: 14.5pt; COLOR: purple; FONT-FAMILY: Verdana">1. Le mythe des chiffres qui &quot; parlent d&rsquo;eux m&ecirc;mes &quot;&nbsp;[<a name="nh2"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb2nb2"><span style="mso-bookmark: nh2"><span style="COLOR: purple"><font size="5">2</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh2"></span>].
<p>&nbsp;</p>
</span></h3>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">La th&egrave;se selon laquelle la &quot;violence des jeunes&quot; conna&icirc;t une expansion sans pr&eacute;c&eacute;dent, justifiant une &quot;adaptation&quot; de la r&eacute;ponse politique dans le sens d&rsquo;une plus grande &quot;fermet&eacute;&quot;, se fonde en grande partie sur une instrumentalisation des chiffres de la d&eacute;linquance. Or, les chiffres ne parlent jamais d&rsquo;eux-m&ecirc;mes. Ils demandent &agrave; &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute;s, et surtout lus de mani&egrave;re critique, en s&rsquo;interrogeant notamment sur leur mode de fabrication. Car on l&rsquo;oublie souvent&nbsp;: les chiffres publi&eacute;s et abondamment comment&eacute;s chaque ann&eacute;e sont des chiffres produits par la police et la Justice, qui refl&egrave;tent donc au moins autant la r&eacute;alit&eacute; de l&rsquo;activit&eacute; polici&egrave;re que celle des faits de d&eacute;linquance. En effet, plus les forces de police sont mobilis&eacute;es sur une forme particuli&egrave;re de d&eacute;linquance, plus elles contr&ocirc;lent, plus elles interpellent, et plus elles enregistrent une part importante de la r&eacute;alit&eacute;. Parmi les exemples les plus parlants, on peut &eacute;voquer le cas du viol, des violences sexuelles incestueuses ou plus largement des violences sur enfant qui ont lieu essentiellement dans l&rsquo;espace familial. Si les chiffres ne cessent d&rsquo;augmenter, c&rsquo;est avant tout parce que ces formes de violence n&rsquo;&eacute;taient quasiment pas enregistr&eacute;es il y a quelques d&eacute;cennies, puisque la police mais aussi l&rsquo;ensemble de la &quot;soci&eacute;t&eacute; civile&quot; n&rsquo;en faisait pas une pr&eacute;occupation importante.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">Il en va de m&ecirc;me pour toutes les formes de d&eacute;linquance&nbsp;: c&rsquo;est avant tout la focalisation du d&eacute;bat public et de l&rsquo;activit&eacute; polici&egrave;re sur la &quot;d&eacute;linquance de rue&quot; qui fait augmenter les chiffres de la petite d&eacute;linquance en g&eacute;n&eacute;ral et de la d&eacute;linquance des mineurs en particulier. Il y a un exemple qui illustre parfaitement l&rsquo;effet d&rsquo;optique que peuvent produire les statistiques&nbsp;: c&rsquo;est celui de l&rsquo;outrage &agrave; agent. Les outrages &agrave; agent sont en effet l&rsquo;une des infractions qui contribue le plus &agrave; faire augmenter les chiffres de la d&eacute;linquance. Il est certes probable que les tensions, les conflits et donc les &eacute;changes de &quot;mots&quot; avec les forces de police soient r&eacute;ellement en augmentation (pour des raisons sur lesquelles il faudra revenir)&nbsp;; mais il faut &eacute;galement souligner d&rsquo;une part que la &quot;susceptibilit&eacute;&quot; des agents de police augmente elle aussi, et que le &quot;seuil&quot; au-del&agrave; duquel un mot de travers devient un &quot;outrage&quot; semble de plus en plus bas&nbsp;; d&rsquo;autre part que les situations propices au conflit et &agrave; &quot;l&rsquo;outrage&quot; sont artificiellement cr&eacute;&eacute;es par la multiplication, ces derni&egrave;res ann&eacute;es, des contr&ocirc;les d&rsquo;identit&eacute; ou des op&eacute;rations &quot;coup de poing&quot; dans des situations o&ugrave; aucune infraction n&rsquo;a &eacute;t&eacute; commise. Les tribunaux voient ainsi d&eacute;filer des jeunes qui n&rsquo;avaient commis aucun d&eacute;lit avant l&rsquo;intervention de la police, et que cette intervention a amen&eacute;s &agrave; commettre un &quot;outrage&quot;&nbsp;[</font><a name="nh3"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb3nb3"><span style="mso-bookmark: nh3"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">3</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh3"></span><font size="3"><font face="Times New Roman">].
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">Mais l&rsquo;exemple le plus frappant est sans doute celui de la &quot;toxicomanie&quot;. Les infractions li&eacute;es &agrave; l&rsquo;usage, &agrave; la cession ou au trafic de stup&eacute;fiants sont en effet les infractions qui font le plus gonfler les chiffres de la d&eacute;linquance. Or, comme le rappelle Laurent Mucchielli, lorsqu&rsquo;on regarde de pr&egrave;s les donn&eacute;es enregistr&eacute;es dont on dispose, on s&rsquo;aper&ccedil;oit qu&rsquo;il s&rsquo;agit, dans la quasi-totalit&eacute; des cas, de faits ayant trait &agrave; la consommation ou &agrave; la vente de petites quantit&eacute;s de drogues douces (cannabis ou herbe essentiellement). Ces infractions qui font tellement gonfler les chiffres correspondent par cons&eacute;quent &agrave; des comportements dont on sait par ailleurs, par des enqu&ecirc;tes sociologiques, qu&rsquo;ils sont depuis les derni&egrave;res d&eacute;cennies en train de se banaliser et qu&rsquo;ils concernent une minorit&eacute; de plus en plus importante, et cela <em>dans tous les milieux sociaux</em>.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">Or, il est une autre information que nous donne la lecture des chiffres de la d&eacute;linquance&nbsp;: c&rsquo;est que les personnes mises en cause pour possession de petites quantit&eacute;s de drogues douces sont quasi-exclusivement des personnes jeunes, de sexe masculin et issues des classes populaires. On le voit&nbsp;: au lieu de &quot;laisser parler d&rsquo;eux m&ecirc;me&quot; les chiffres, au lieu plut&ocirc;t de leur faire dire ce qu&rsquo;ils ne disent pas (&quot;les jeunes sont devenus des sauvages&quot;), on peut en tirer quelques enseignements pr&eacute;cieux&nbsp;; mais cela suppose qu&rsquo;on tienne compte des biais, et qu&rsquo;on croise les chiffres de la police ou de la justice avec d&rsquo;autres donn&eacute;es. Ce qu&rsquo;on d&eacute;couvre alors, dans le cas de la &quot;toxicomanie&quot;, c&rsquo;est qu&rsquo;un comportement comme la consommation et la revente de drogue douce, &eacute;galement r&eacute;pandu dans tous les milieux sociaux, ne m&egrave;ne devant les tribunaux qu&rsquo;une petite partie des personnes concern&eacute;es&nbsp;: les &quot;jeunes des banlieues&quot;. Ce qu&rsquo;on d&eacute;couvre, en d&rsquo;autres termes, c&rsquo;est que nous avons bien affaire, en la mati&egrave;re, &agrave; une <em>justice de classe</em>.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">S&rsquo;interroger ainsi sur la gen&egrave;se des chiffres, et sur les chiffres comme indicateurs d&rsquo;un <em>choix politique</em>, nous am&egrave;ne finalement &agrave; d&eacute;couvrir une autre omission&nbsp;: lorsqu&rsquo;on assimile la r&eacute;alit&eacute; de la d&eacute;linquance &agrave; la seule d&eacute;linquance enregistr&eacute;e, on occulte du m&ecirc;me coup <em>la partie non-enregistr&eacute;e ou sous-enregistr&eacute;e de la d&eacute;linquance et de la violence</em>. En effet, partout o&ugrave; l&rsquo;investissement de la police et de la Justice est nul, faible ou en baisse, les chiffres sont par la force des choses nuls, faibles ou en baisse&nbsp;: nous montrons par exemple, dans notre livre </font><a href="http://lmsi.net/rubrique.php3?id_rubrique=5"><em><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">Stop quelle violence&nbsp;?</font></span></em></a><font size="3"><font face="Times New Roman">, que la d&eacute;linquance patronale (par exemple le non-respect du code du travail) est de moins en moins contr&ocirc;l&eacute;e, et que moins de 1% des infractions constat&eacute;es par les inspecteurs du travail aboutissent &agrave; des condamnations en justice (des condamnations d&eacute;risoires qui-plus-est).
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">Il en va de m&ecirc;me pour ce qui concerne la discrimination raciste &agrave; l&rsquo;embauche ou au logement&nbsp;: aucune augmentation spectaculaire ne peut &ecirc;tre constat&eacute;e si l&rsquo;on se r&eacute;f&egrave;re aux donn&eacute;es du minist&egrave;re de la Justice (on reste depuis de nombreuses ann&eacute;es &agrave; moins d&rsquo;une dizaine de condamnations par an), pour la simple raison qu&rsquo;aucune volont&eacute; politique, et par cons&eacute;quent aucun investissement policier ou judiciaire, n&rsquo;existe en la mati&egrave;re. Il existe pourtant une multitude d&rsquo;indicateurs, autres que policiers ou judiciaires, qui permettent d&rsquo;affirmer que la discrimination est une forme de d&eacute;linquance particuli&egrave;rement r&eacute;pandue&nbsp;[</font><a name="nh4"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb4nb4"><span style="mso-bookmark: nh4"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">4</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh4"></span><font size="3"><font face="Times New Roman">]. Quant &agrave; la violence de la chose, et sa gravit&eacute;, elle n&rsquo;est pas &agrave; d&eacute;montrer. Mais de cette violence-l&agrave;, peu d&rsquo;&eacute;lus se pr&eacute;occupent.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="MARGIN: 30pt 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="FONT-SIZE: 14.5pt; COLOR: purple; FONT-FAMILY: Verdana">2. &quot;La violence&quot;&nbsp;: une cat&eacute;gorie d&rsquo;amalgame
<p>&nbsp;</p>
</span></h3>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">Une r&egrave;gle &eacute;l&eacute;mentaire de m&eacute;thode veut qu&rsquo;on commence toujours par d&eacute;finir les termes qu&rsquo;on utilise. C&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment ce que se gardent bien de faire les journalistes et les &eacute;lus qui partent en croisade contre les &quot;violences urbaines&quot; et &quot;l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute;&quot;. Ces derniers font en effet comme si le sens des mots &quot;violence&quot;, &quot;d&eacute;linquance&quot; et &quot;ins&eacute;curit&eacute;&quot; allait de soi, comme si ces mots &eacute;taient interchangeables et comme s&rsquo;ils &eacute;taient tous synonymes de&nbsp;: jeune homme basan&eacute; v&ecirc;tu d&rsquo;une casquette insultant une vieille dame avant de lui voler son sac...
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">Or, &quot;violence&quot; n&rsquo;est pas synonyme de &quot;d&eacute;linquance&quot;&nbsp;: il existe des formes de d&eacute;linquance qui sont peu ou pas du tout violentes, et ce sont justement celles-l&agrave; qui contribuent &agrave; faire augmenter le chiffre global de la d&eacute;linquance&nbsp;: l&rsquo;outrage &agrave; agent, par exemple, ne peut pas s&eacute;rieusement &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme un acte tr&egrave;s violent. Et la consommation de cannabis encore moins.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">Inversement, les formes de d&eacute;linquance les plus violentes, comme les homicides volontaires, ne sont pas en hausse (ils stagnent autour de 600 cas par an - soit&nbsp;: pas plus que les d&eacute;c&egrave;s caus&eacute;s par des accidents de travail, et dix &agrave; vingt fois moins que les d&eacute;c&egrave;s par accident de la route ou par suicide). Ni les homicides volontaires commis par des mineurs (autour de trente cas par ans). Ni les homicides commis contre des policiers.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">Par ailleurs, il y a des formes diverses de violence, plus ou moins graves, et plus ou moins l&eacute;gitimes. Quoi de commun entre un vol &agrave; l&rsquo;arrach&eacute;, une injure, une gifle, un meurtre, un viol, et une &eacute;meute cons&eacute;cutive &agrave; une &quot;bavure&quot; polici&egrave;re&nbsp;? Quel int&eacute;r&ecirc;t, pour la compr&eacute;hension de ces ph&eacute;nom&egrave;nes, de les ranger tous sous la m&ecirc;me cat&eacute;gorie g&eacute;n&eacute;rique&nbsp;? Aucun. Le seul int&eacute;r&ecirc;t de cette cat&eacute;gorie d&rsquo;amalgame, &quot;la violence&quot;, c&rsquo;est qu&rsquo;elle permet d&rsquo;imposer sans le dire une th&egrave;se implicite&nbsp;: la th&egrave;se selon laquelle il existe une r&eacute;alit&eacute; homog&egrave;ne, &quot;la violence&quot;, qui commence d&egrave;s le premier mot de travers, d&egrave;s la premi&egrave;re &quot;incivilit&eacute;&quot;, et qui se poursuit in&eacute;luctablement, si on n&rsquo;y prend garde, dans une escalade qui culmine avec la criminalit&eacute; organis&eacute;e et l&rsquo;homicide. En d&rsquo;autres termes&nbsp;: lorsqu&rsquo;on se refuse &agrave; distinguer entre d&eacute;linquance et violence, ou entre diff&eacute;rents types et degr&eacute;s de violence, on aboutit tr&egrave;s facilement &agrave; la &quot;th&eacute;orie de la vitre cass&eacute;e&quot; et &agrave; la doctrine de la &quot;tol&eacute;rance z&eacute;ro&quot;.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="MARGIN: 30pt 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="FONT-SIZE: 14.5pt; COLOR: purple; FONT-FAMILY: Verdana">3. Le mythe de l&rsquo;&acirc;ge d&rsquo;or
<p>&nbsp;</p>
</span></h3>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">Les discours catastrophistes sur l&rsquo;explosion de la violence des jeunes reposent &eacute;galement sur une amn&eacute;sie plus ou moins volontaire&nbsp;: pour pouvoir affirmer que nous vivons une p&eacute;riode de d&eacute;ferlement sans pr&eacute;c&eacute;dent de la violence, il faut au pr&eacute;alable avoir bien oubli&eacute; ce qu&rsquo;il en &eacute;tait r&eacute;ellement de la violence dans le pass&eacute;.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">Or, si l&rsquo;on se r&eacute;f&egrave;re s&eacute;rieusement &agrave; toutes les sources qui sont &agrave; notre disposition sur le pass&eacute; comme sur le pr&eacute;sent, forme de d&eacute;linquance par forme de d&eacute;linquance, on s&rsquo;aper&ccedil;oit qu&rsquo;il existe aujourd&rsquo;hui des formes nouvelles de d&eacute;linquance et de violence, ou du moins des formes de d&eacute;linquance et de violence qui semblent actuellement en augmentation (par exemple les caillassages de bus, les outrages &agrave; agent et plus largement les conflits avec les institutions, ou encore la consommation de cannabis), mais que ces formes de d&eacute;linquance sont les moins violentes, et qu&rsquo;inversement les formes les plus violentes (comme les homicides volontaires, les homicides commis par des mineurs ou les viols collectifs) ne sont pas en augmentation&nbsp;[</font><a name="nh5"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb5nb5"><span style="mso-bookmark: nh5"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">5</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh5"></span><font size="3"><font face="Times New Roman">]. L&rsquo;&acirc;ge d&rsquo;or dont nous parle le nouveau sens commun s&eacute;curitaire fut en r&eacute;alit&eacute; une p&eacute;riode o&ugrave; le risque de se faire tuer &eacute;tait bien sup&eacute;rieur &agrave; ce qu&rsquo;il est aujourd&rsquo;hui. &Agrave; ceux qui nous accusent d&rsquo;&ecirc;tre ang&eacute;liques, il faut donc r&eacute;pondre que ce sont eux qui ont une vision ang&eacute;lique du pass&eacute;.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="MARGIN: 30pt 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="FONT-SIZE: 14.5pt; COLOR: purple; FONT-FAMILY: Verdana">4. La logique du bouc &eacute;missaire
<p>&nbsp;</p>
</span></h3>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">Il est un autre mensonge, l&rsquo;un des plus r&eacute;pandus et des plus pervers, qui consiste &agrave; &eacute;voquer des faits r&eacute;els, mais en pr&eacute;tendant, sans la moindre preuve, que les jeunes de banlieue en ont le monopole. C&rsquo;est ainsi, par exemple, qu&rsquo;on parle des &quot;tournantes&quot;, et plus largement des formes plus ou moins agressives de sexisme&nbsp;; c&rsquo;est ainsi &eacute;galement qu&rsquo;on parle de l&rsquo;antis&eacute;mitisme. Dans tous les cas, le discours dominant a ceci de pervers qu&rsquo;il pointe du doigt des probl&egrave;mes bien r&eacute;els, dont la gravit&eacute; est indiscutable, mais qu&rsquo;il oublie de dire que les probl&egrave;mes en question concernent en r&eacute;alit&eacute; l&rsquo;ensemble de la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise, et qu&rsquo;aucune donn&eacute;e empirique ne permet d&rsquo;affirmer que la jeunesse des banlieues est davantage en cause que le reste de la soci&eacute;t&eacute;&nbsp;[</font><a name="nh6"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb6nb6"><span style="mso-bookmark: nh6"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">6</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh6"></span><font size="3"><font face="Times New Roman">].
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="MARGIN: 30pt 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="FONT-SIZE: 14.5pt; COLOR: purple; FONT-FAMILY: Verdana">5. La &quot;marque du n&eacute;gatif&quot;&nbsp;[<a name="nh7"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb7nb7"><span style="mso-bookmark: nh7"><span style="COLOR: purple"><font size="5">7</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh7"></span>]
<p>&nbsp;</p>
</span></h3>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">Le tableau que la majorit&eacute; des dirigeants politiques et des grands m&eacute;dias dressent de la banlieue et des jeunes qui y vivent est &eacute;galement mensonger parce qu&rsquo;un certain nombre de r&eacute;alit&eacute;s y sont <em>absentes</em>. En effet, si le mot &quot;violence&quot; renvoie de mani&egrave;re automatique &agrave; la banlieue et &agrave; ses &quot;jeunes&quot;, qui semblent de ce fait en avoir le monopole, la r&eacute;ciproque est vraie&nbsp;: les mots &quot;jeunes&quot;, &quot;banlieue&quot;, et &quot;jeune de banlieue&quot; renvoient automatiquement au mot &quot;violence&quot;, comme si, en banlieue, ou du moins chez ces jeunes, il n&rsquo;y avait <em>que</em> de la violence.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">Or, il se passe beaucoup de choses en banlieue, qui ne se r&eacute;sument pas &agrave; l&rsquo;incendie d&rsquo;une poubelle, au vol d&rsquo;une voiture ou au r&egrave;glement de compte entre cit&eacute;s. Parmi les probl&egrave;mes que vivent les habitants de la banlieue, et dont les &eacute;lus et les grands m&eacute;dias parlent moins volontiers que de la &quot;violence des jeunes&quot;, il y a aussi des violences autrement plus graves et plus fr&eacute;quentes, qui sont commises par l&rsquo;entreprise ou par l&rsquo;institution, et qui frappent au premier chef ces jeunes qu&rsquo;on stigmatise et qu&rsquo;on accuse&nbsp;: ch&ocirc;mage, pr&eacute;carit&eacute;, discriminations, brutalit&eacute;s polici&egrave;res&nbsp;[</font><a name="nh8"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb8nb8"><span style="mso-bookmark: nh8"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">8</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh8"></span><font size="3"><font face="Times New Roman">]...
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">Il y a aussi en banlieue un potentiel &eacute;norme, rarement reconnu&nbsp;: une vitalit&eacute;, des solidarit&eacute;s et des formes de vie sociale, culturelle et politique qui s&rsquo;inventent&nbsp;[</font><a name="nh9"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb9nb9"><span style="mso-bookmark: nh9"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">9</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh9"></span><font face="Times New Roman" size="3">], dans l&rsquo;indiff&eacute;rence g&eacute;n&eacute;rale des &eacute;lus et des grands m&eacute;dias. Il est extr&ecirc;mement important de le rappeler, car le plus souvent, les mieux intentionn&eacute;s tentent de d&eacute;fendre les jeunes de banlieue en les r&eacute;duisant au statut de victimes. Mis &agrave; part la violence, admettent-ils d&rsquo;un commun accord avec leurs adversaires &quot;s&eacute;curitaires&quot;, &quot;il n&rsquo;y a rien&quot;&nbsp;[</font><a name="nh10"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb10nb10"><span style="mso-bookmark: nh10"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">10</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh10"></span><font size="3"><font face="Times New Roman">]. Un nouveau sens commun progressiste, aliment&eacute; par certains sociologues, d&eacute;crit la banlieue comme un &quot;d&eacute;sert&quot;, un &quot;no man&rsquo;s land&quot;, o&ugrave; vivent des jeunes qui &quot;ne sont unis que par la gal&egrave;re, la d&eacute;sorganisation et la rage&quot;. On parle &eacute;galement d&rsquo;anomie, d&rsquo;absence de rep&egrave;res et d&rsquo;absence de conscience politique... Cette vision mis&eacute;rabiliste est non seulement fausse, mais aussi inop&eacute;rante pour contrer l&rsquo;offensive s&eacute;curitaire que nous affrontons aujourd&rsquo;hui&nbsp;: tout au plus permet-elle de mod&eacute;rer la peur et la haine&nbsp;; ce qu&rsquo;elle laisse en revanche intact, c&rsquo;est le m&eacute;pris des &quot;jeunes de banlieue&quot;.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="MARGIN: 30pt 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="FONT-SIZE: 14.5pt; COLOR: purple; FONT-FAMILY: Verdana">6. L&rsquo;oubli de l&rsquo;origine
<p>&nbsp;</p>
</span></h3>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">Ce qui engendre le m&eacute;pris, et donne une apparence de r&eacute;alit&eacute; &agrave; l&rsquo;image du jeune de banlieue comme corps furieux, &quot;sauvage&quot; ou &quot;d&eacute;-civilis&eacute;&quot;, c&rsquo;est aussi l&rsquo;oubli, ou plut&ocirc;t le refoulement de l&rsquo;origine des ph&eacute;nom&egrave;nes de d&eacute;linquance ou de violence. On peut le constater &agrave; propos de la petite d&eacute;linquance&nbsp;: on a assist&eacute;, ces derni&egrave;res ann&eacute;es, de mani&egrave;re plus ou moins consciente et d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e, &agrave; la mise &agrave; l&rsquo;&eacute;cart des enseignements que nous apporte la sociologie sur la corr&eacute;lation forte existant entre origine sociale et incarc&eacute;ration (la population carc&eacute;rale est une population plus jeune, plus masculine et d&rsquo;origine plus pauvre que la moyenne). Dans les grands m&eacute;dias, les sociologues ont peu &agrave; peu c&eacute;d&eacute; la place &agrave; de nouveaux &quot;experts&quot;&nbsp;: des psychologues qui d&eacute;politisent la question en rattachent &quot;la violence&quot; en g&eacute;n&eacute;ral &agrave; la nature humaine et au &quot;besoin d&rsquo;agression&quot; ou au &quot;manque de rep&egrave;res&quot;, voire &agrave; la &quot;carence d&rsquo;&eacute;ducation&quot;, ou des entrepreneurs en &quot;s&eacute;curit&eacute; publique&quot; comme le tr&egrave;s influent Alain Bauer, qui a r&eacute;ussi &agrave; publier un <em>Que sais-je&nbsp;?</em> sur les &quot;violences urbaines&quot;, et dont le moins qu&rsquo;on puisse dire est qu&rsquo;il est juge et partie...&nbsp;[</font><a name="nh11"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb11nb11"><span style="mso-bookmark: nh11"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">11</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh11"></span><font size="3"><font face="Times New Roman">]
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">Il en va de m&ecirc;me si l&rsquo;on consid&egrave;re les &eacute;meutes urbaines, apparues au d&eacute;but des ann&eacute;es 90. Ces &eacute;meutes que la classe politique, les grands m&eacute;dias et les sociologues les plus m&eacute;diatis&eacute;s ont unanimement pr&eacute;sent&eacute; comme des pouss&eacute;es de fi&egrave;vre nihiliste, &quot;aveugle, autodestructrice et sans objet&quot;&nbsp;[</font><a name="nh12"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb12nb12"><span style="mso-bookmark: nh12"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">12</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh12"></span><font face="Times New Roman" size="3">], d&eacute;pourvues de toute dimension politique, de toute dimension revendicative et de toute rationalit&eacute;, ces &eacute;meutes qu&rsquo;on pr&eacute;sente aujourd&rsquo;hui comme les preuves irr&eacute;futables d&rsquo;un manque d&rsquo;&eacute;ducation ou d&rsquo;humanit&eacute;, ont toutes eu pour &eacute;v&eacute;nement d&eacute;clencheur la mort violente d&rsquo;un jeune, le plus souvent issu de l&rsquo;immigration, le plus souvent au cours d&rsquo;une intervention polici&egrave;re. Par cons&eacute;quent, ind&eacute;pendamment de tout jugement moral ou de toute consid&eacute;ration de strat&eacute;gie politique, force est d&rsquo;admettre que ces &eacute;meutes ont une rationalit&eacute; et une dimension politique, et qu&rsquo;elles constituent une forme de r&eacute;sistance. Si, en plus de cette anamn&egrave;se quant &agrave; l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment d&eacute;clencheur des &eacute;meutes, on remonte plus loin, si l&rsquo;on se souvient qu&rsquo;au d&eacute;but des ann&eacute;es 80, des &eacute;v&eacute;nements du m&ecirc;me type (les crimes racistes et s&eacute;curitaires) avaient &eacute;t&eacute; pour beaucoup dans le d&eacute;clenchement de la Marche des Beurs et de Convergence 84, si l&rsquo;on se souvient que tous les moyens politiques non-violents avaient alors &eacute;t&eacute; mobilis&eacute;s (la prise de parole publique, la manifestation, la marche pacifique, mais aussi le recours aux tribunaux pour juger les crimes policiers)&nbsp;[</font><a name="nh13"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb13nb13"><span style="mso-bookmark: nh13"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">13</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh13"></span><font face="Times New Roman" size="3">], si l&rsquo;on se souvient qu&rsquo;alors des promesses avaient &eacute;t&eacute; faites par les autorit&eacute;s, et si l&rsquo;on se souvient enfin que durant les ann&eacute;es qui ont suivi, rien n&rsquo;est advenu (hormis des non-lieux, du sursis ou des acquittements de policiers assassins)&nbsp;[</font><a name="nh14"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb14nb14"><span style="mso-bookmark: nh14"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">14</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh14"></span><font size="3"><font face="Times New Roman">], alors les &quot;explosions&quot; de Vaulx-en-Velin, Sartrouville, Mantes la Jolie ou Dammarie-les-Lys &agrave; la suite d&rsquo;une mort violente d&rsquo;un jeune du quartier apparaissent tout &agrave; coup bien moins impr&eacute;visibles, bien moins irrationnelles et m&ecirc;me bien moins ill&eacute;gitimes. Alors, surtout, loin de t&eacute;moigner d&rsquo;un ensauvagement de la jeunesse des banlieues, ces &eacute;meutes t&eacute;moignent au contraire de l&rsquo;existence d&rsquo;un souci de la vie d&rsquo;autrui, d&rsquo;une m&eacute;moire et d&rsquo;une incapacit&eacute; &agrave; se r&eacute;signer face &agrave; l&rsquo;injustice, qui sont la marque m&ecirc;me de l&rsquo;humain.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="MARGIN: 30pt 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="FONT-SIZE: 14.5pt; COLOR: purple; FONT-FAMILY: Verdana">7. Le legs colonial
<p>&nbsp;</p>
</span></h3>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">Parmi les ressorts du consensus s&eacute;curitaire que nous affrontons aujourd&rsquo;hui, bien d&rsquo;autres pistes m&eacute;riteraient d&rsquo;&ecirc;tre explor&eacute;es, en particulier du c&ocirc;t&eacute; du pass&eacute; colonial et des repr&eacute;sentations qui se sont forg&eacute;es et transmises durant cet &eacute;pisode &quot;&eacute;pique&quot;. En effet, tant du point de vue des repr&eacute;sentations que des dispositifs politiques et policiers qui se mettent en place aujourd&rsquo;hui, la filiation est &eacute;vidente&nbsp;: si l&rsquo;on parle aussi facilement de &quot;reconqu&ecirc;te territoriale&quot;, d&rsquo;espaces &quot;d&eacute;civilis&eacute;s&quot;, de &quot;sauvageons&quot;, de &quot;d&eacute;faut d&rsquo;int&eacute;gration&quot; ou de &quot;d&eacute;faut d&rsquo;&eacute;ducation&quot;, si l&rsquo;on parle aussi facilement de &quot;n&eacute;cessaire adaptation&quot; de &quot;notre dispositif p&eacute;nal&quot; &agrave; des populations radicalement diff&eacute;rentes des &quot;blousons noirs de jadis&quot;, vivant &quot;en dehors de toute rationalit&eacute;&quot;, c&rsquo;est que ce vocabulaire, et le regard qui le sous-tend, n&rsquo;ont rien de nouveau. C&rsquo;est le m&ecirc;me vocabulaire et le m&ecirc;me regard qui ont eu cours il y a plusieurs d&eacute;cennies, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;est agi d&rsquo;inventer un discours sur &quot;l&rsquo;indig&egrave;ne&quot; - dont les &quot;jeunes de banlieue&quot; sont en grande partie les descendants. Et c&rsquo;est &eacute;galement dans le pass&eacute; colonial qu&rsquo;il faut aller chercher si l&rsquo;on veut comprendre la gen&egrave;se des dispositifs d&rsquo;exception qui se mettent en place ou se renforcent dans les banlieues&nbsp;: qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du couvre-feu, de la &quot;guerre pr&eacute;ventive&quot; que constituent les contr&ocirc;les policiers &agrave; r&eacute;p&eacute;tition (ou les dispersions intempestives dans les halls d&rsquo;immeuble) ou qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la p&eacute;nalisation des parents pour les fautes des enfants, nous avons affaire &agrave; des pratiques qui violent un certain nombre de principes fondamentaux (comme le principe de la pr&eacute;somption d&rsquo;innocence ou celui de la responsabilit&eacute; individuelle), et qui par cons&eacute;quent apparaissent comme des anomalies au regard d&rsquo;une certaine tradition du Droit fran&ccedil;ais, mais qui ne tombent pas du ciel. Si l&rsquo;on se r&eacute;f&egrave;re &agrave; <em>l&rsquo;autre tradition fran&ccedil;aise</em>, &agrave; la <em>part d&rsquo;ombre</em> que constitue le droit d&rsquo;exception qui s&rsquo;est invent&eacute; et exp&eacute;riment&eacute; dans les colonies fran&ccedil;aises, alors le &quot;tournant s&eacute;curitaire&quot; auquel nous assistons aujourd&rsquo;hui perd beaucoup de sa nouveaut&eacute; ou de son &quot;originalit&eacute;&quot;&nbsp;[</font><a name="nh15"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb15nb15"><span style="mso-bookmark: nh15"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">15</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh15"></span><font size="3"><font face="Times New Roman">].
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="MARGIN: 30pt 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="FONT-SIZE: 14.5pt; COLOR: purple; FONT-FAMILY: Verdana">En guise de conclusion
<p>&nbsp;</p>
</span></h3>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">Le travail de d&eacute;construction que nous venons d&rsquo;esquisser est n&eacute;cessaire, mais pas suffisant. Il laisse en effet de c&ocirc;t&eacute; d&rsquo;autres points sur lesquels il faudrait s&rsquo;interroger, et sur lesquels nous avons propos&eacute; ailleurs quelques analyses&nbsp;[</font><a name="nh16"></a><a href="http://lmsi.net/impression.php3?id_article=77#nb16nb16"><span style="mso-bookmark: nh16"><span style="COLOR: purple"><font face="Times New Roman" size="3">16</font></span></span></a><span style="mso-bookmark: nh16"></span><font size="3"><font face="Times New Roman">]. En particulier, une fois &eacute;tabli le caract&egrave;re fondamentalement mythique du discours dominant sur la violence et l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute;, il reste &agrave; s&rsquo;interroger sur les raisons de son succ&egrave;s&nbsp;: comment un discours aussi grossi&egrave;rement mensonger, b&ecirc;te et m&eacute;chant a-t-il pu s&rsquo;imposer dans des franges aussi larges de l&rsquo;opinion&nbsp;? On se contentera ici de dire qu&rsquo;&agrave; notre sens, le Front national est sans doute l&rsquo;un des grands b&eacute;n&eacute;ficiaires de la d&eacute;rive s&eacute;curitaire, mais qu&rsquo;il est loin d&rsquo;en &ecirc;tre l&rsquo;acteur principal. Il y a une responsabilit&eacute; &eacute;crasante du reste de la classe politique, de gauche comme de droite, ainsi que des grands m&eacute;dias.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">Une autre question qui ne doit pas &ecirc;tre perdue de vue est celle des effets concrets de cette d&eacute;rive s&eacute;curitaire. On le per&ccedil;oit sans doute plus clairement aujourd&rsquo;hui, mais ce n&rsquo;est pas nouveau&nbsp;: les discours s&rsquo;accompagnent d&rsquo;actes, qu&rsquo;ils suscitent ou qu&rsquo;ils l&eacute;gitiment apr&egrave;s-coup, et ces actes sont criminels. D&rsquo;abord parce que les discours et les pratiques s&eacute;curitaires produisent une partie des maux qu&rsquo;ils pr&eacute;tendent d&eacute;plorer et combattre&nbsp;: ils s&egrave;ment la m&eacute;fiance, la peur, le repli sur soi, l&rsquo;individualisme, la haine et la division, et donc suscitent ou entretiennent les tensions les plus st&eacute;riles et les plus dangereuses. La prolif&eacute;ration de discours stigmatisant la banlieue entretient non seulement le racisme et le m&eacute;pris de classe, mais elle s&egrave;me &eacute;galement la peur, la haine et le m&eacute;pris au sein m&ecirc;me des classes populaires&nbsp;: entre adultes et &quot;jeunes&quot;, entre &quot;bons&quot; et &quot;mauvais parents&quot;, entre filles et gar&ccedil;ons, entre Fran&ccedil;ais &quot;de souche&quot; et &quot;immigr&eacute;s&quot; ou encore entre &quot;bons&quot; et &quot;mauvais immigr&eacute;s&quot;...
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">La logique du bouc-&eacute;missaire est aussi dommageable pour l&rsquo;ensemble de la soci&eacute;t&eacute;&nbsp;: en entretenant l&rsquo;illusion que l&rsquo;&eacute;go&iuml;sme, l&rsquo;individualisme, la d&eacute;politisation ou encore le sexisme, l&rsquo;homophobie et l&rsquo;antis&eacute;mitisme n&rsquo;existent qu&rsquo;en banlieue, le moins que l&rsquo;on puisse dire est qu&rsquo;on n&rsquo;incite pas les classes moyennes et sup&eacute;rieures &agrave; traiter <em>ces probl&egrave;mes qui sont aussi les leurs</em>, et qu&rsquo;on r&eacute;serve de ce fait aux femmes, aux homosexuels ou aux Juifs de tr&egrave;s d&eacute;plaisantes surprises.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">Mais si le discours et les pratiques s&eacute;curitaires pourrissent l&rsquo;ensemble des rapports sociaux, on
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">ne peut pas nier malgr&eacute; tout que ceux qui en subissent le plus directement et le plus brutalement les cons&eacute;quences sont les &quot;jeunes de banlieue&quot;, en particulier ceux qu&rsquo;on qualifie d&rsquo;&quot;issus de l&rsquo;immigration&quot;. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;on est en train de briser des jeunes en les envoyant en prison ou en &quot;centre ferm&eacute;&quot;. Ensuite parce que la focalisation sur les &quot;violences et incivilit&eacute;s&quot; dont certains de ces jeunes eux se rendent coupables constitue une <em>formidable puissance d&rsquo;occultation et de diversion</em>&nbsp;: occup&eacute;s &agrave; se d&eacute;fendre ou &agrave; se faire oublier un peu, il leur est plus difficile que jamais de faire entendre leur voix, leur avis et leurs griefs contre une soci&eacute;t&eacute; qui leur impose le ch&ocirc;mage, la pr&eacute;carit&eacute;, le racisme et la discrimination. Enfin parce que le consensus s&eacute;curitaire se traduit par une <em>l&eacute;gitimation</em> et une <em>banalisation</em> (voire une <em>l&eacute;galisation de fait</em>) des violences institutionnelles les plus ill&eacute;gitimes (et th&eacute;oriquement ill&eacute;gales), en particulier les abus policiers&nbsp;: contr&ocirc;les &agrave; r&eacute;p&eacute;tition, contr&ocirc;les au faci&egrave;s, fouilles humiliantes, passages &agrave; tabacs, usages abusifs de la proc&eacute;dure d&rsquo;&quot;outrage&quot;, et m&ecirc;me homicides. <em>Par l&eacute;galisation de fait</em>, il faut entendre ceci&nbsp;: en septembre 2001, le policier Hiblot, qui avait abattu le jeune Youssef Khaif, en fuite &agrave; bord d&rsquo;une voiture, d&rsquo;une balle dans la nuque tir&eacute;e &agrave; plus de douze m&egrave;tres, a &eacute;t&eacute; purement et simplement acquitt&eacute;.
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">Reste enfin une ultime question, la plus urgente&nbsp;: comment r&eacute;sister&nbsp;?
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" style="MARGIN: auto 0cm; TEXT-ALIGN: center" align="center"><font size="3"><font face="Times New Roman"><strong><span style="COLOR: purple">Pierre T&eacute;vanian</span></strong><span style="COLOR: purple">
<p>&nbsp;</p>
</span></font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="TEXT-ALIGN: right" align="right"><span style="COLOR: purple"><font size="3"><font face="Times New Roman">(Ce texte, paru dans la revue <em>Hommes et libert&eacute;s</em>, reprend les grandes lignes de&nbsp;: Pierre T&eacute;vanian, <em>Le minist&egrave;re de la peur. R&eacute;flexions sur le nouvel ordre s&eacute;curitaire</em>, L&rsquo;esprit frappeur, 2004.)
<p>&nbsp;</p>
</font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><span style="COLOR: purple">
<p><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;</font></p>
</span></p>
<p>&nbsp;</p>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[océane]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2005-12-30T21:47:25+02:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://lutte.i-clic.net.i-clic.net/article-7799.html">
    <title><![CDATA[violence policière]]></title>
    <link>http://lutte.i-clic.net.i-clic.net/article-7799.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="BACKGROUND: white; MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 14.4pt"><strong><span style="FONT-SIZE: 11pt; COLOR: black; FONT-FAMILY: Verdana">Salut &agrave; tous&nbsp;! Je rentre chez moi, je prends le m&eacute;tro, couloir de Nation, &agrave; Paris et je tombe sur une arrestation d&rsquo;un jeune par deux policiers en civil. Je d&eacute;cide de rester voir comment &ccedil;a se d&eacute;roule, soucieuse d&rsquo;&ecirc;tre t&eacute;moin au cas o&ugrave;&nbsp;!j&rsquo;ai bien fait, avec quelques personnes (5) nous regardons la sc&egrave;ne et intervenons par moment quand &ccedil;a devient trop violent. Le jeune en question est &agrave; genoux, menott&eacute;, un des deux flics a le pied sur les menottes pour le bloquer &agrave; terre car &quot;il est agit&eacute;&quot;selon son coll&egrave;gue qui appelle des renforts, je ne le trouve pas agit&eacute; et mes camarades non plus. Je les prends en photo (ci joint). En effet, apr&egrave;s que le jeune ai demand&eacute; &agrave; ce que les policiers ne lui serre pas trop les menottes&nbsp;: &quot;s&rsquo;il vous plait, Monsieur, &ccedil;a me fait mal, le sang passe plus..&quot; un des deux policiers lui dit &quot;ferme ta gueule, y a pas de monsieur ici&nbsp;!!&quot; Il lui donne plusieurs coups de genoux dans le dos&nbsp;; l&agrave;, deux coll&egrave;gues en civil les rejoignent, une des personnes &agrave; cot&eacute; de moi prend une nouvelle photo et l&agrave; un des policier s&rsquo;en aper&ccedil;oit et lui demande brusquement de lui donner ses papiers d&rsquo;identit&eacute;. Il l&rsquo;emm&egrave;ne plus loin et lui fait effacer la photo. Puis il nous demande de circuler, je r&eacute;ponds &quot;nous avons le droit d&rsquo;&ecirc;tre l&agrave;, c&rsquo;est un lieu public&quot;, il me r&eacute;pond &quot;non, c&rsquo;est un passage et nous sommes en pleine arrestation&quot;, je lui r&eacute;torque&quot;je sais bien et nous resterons car nous avons le droit, nous discutons et cela ne g&ecirc;ne personne&quot;. Il h&eacute;site &agrave; me r&eacute;pondre, puis devant l&rsquo;affluence de passagers dans les couloirs, ils se sentent impuissants, observ&eacute;s et d&eacute;cident d&rsquo;emmener le jeune (voleurs de sacs, apparemment..selon les dires du policier en civil) . En partant, il nous regarde (regard haineux) et nous crie&nbsp;:&quot;circulez&nbsp;! Rentrez chez vous&quot; &quot;cela ne vous regarde pas&nbsp;!&quot;. Nous les voyons s&rsquo;&eacute;loigner et partons, impuissants. Mais j&rsquo;ai bien une photo avec le jeune homme &agrave; terre, en train d&rsquo;&ecirc;tre frapp&eacute; ainsi que ce modeste t&eacute;moignage. Alors je d&eacute;cide de l&rsquo;envoyer sur ce forum pour que toues les violences polici&egrave;res sortent de l&rsquo;ombre. Agissons, r&eacute;sistons contre les violences polici&egrave;res et le pouvoir du r&eacute;pressif, t&eacute;moignons&nbsp;! Sosso
<p>&nbsp;</p>
</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="BACKGROUND: white; MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><span style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black; FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-fareast-font-family: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol"><span style="mso-list: Ignore">&middot;<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span></span><span dir="ltr"><span style="COLOR: black"><a href="http://rebellyon.info/IMG/jpg/violence_policiere.jpg"><shapetype id="_x0000_t75" coordsize="21600,21600" o:spt="75" o:preferrelative="t" path="m@4@5l@4@11@9@11@9@5xe" filled="f" stroked="f"></shapetype><stroke joinstyle="miter"></stroke>
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<p>&nbsp;</p>
</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt">&nbsp;</p>
<p><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;<img class="GcheTexte" alt="" src="http://idata.blogmaster.fr/0/00/17/94/violence_polici_re.jpg" /></font></p>
<p>&nbsp;</p>]]></content:encoded>
	   
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    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2005-12-30T21:45:00+02:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://lutte.i-clic.net.i-clic.net/article-7025.html">
    <title><![CDATA[dur de créer ou de s'exprimer sans être condamné!]]></title>
    <link>http://lutte.i-clic.net.i-clic.net/article-7025.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<p>Avec toutes les lois qui passent en ce moment, difficile d'&ecirc;tre artiste messager, citoyen d&eacute;nonciateur de discriminations...</p>
<p>Ce blog donnera des infos sur ce qui se passe, des anecdotes et des liens vers d'autres sites int&eacute;ressant!</p>
<p>Bonne visite &agrave; tous</p>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[océane]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2005-12-22T18:55:32+02:00</dc:date>
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